5 janvier 2009

De l'art, au chaud!

Première constatation de l’année, il fait froid, très froid, trop froid………..Histoire de s’occuper de façon intelligente (c’est le début de l’année, on se motive question culture !) tout en étant bien au chaud, je vous propose deux expos visitées dernièrement (j’ai mis doucement fin à ma semaine d’hibernation en province en essayant, de retour à Paris, de rompre la très agréable trilogie : lire-dormir-manger). De plus, j’ai décidé de casser mes habitudes et mes goûts culturels cette année : ça commence par deux expositions d’art moderne (pour changer un peu du Louvre !).

D’abord la rétrospective Raoul Dufy au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Je ne connaissais de ce peintre que le tableau monumental intitulé « Fée Électricité » (réalisé pour l’Exposition Internationale des Arts et Techniques à Paris en 1937). Au final, je suis sortie conquise par l’originalité de cet artiste qui a multiplié les influences mais a crée son propre style.
Le plus remarquable chez Dufy, c’est sa capacité à jouer avec les couleurs : c’est un coloriste unique mais cet amour de la couleur et son goût pour les sujets joyeux et naïfs lui ont valu une réputation de peintre « léger » que je trouve totalement injustifié. Au contraire, son travail c’est un mélange de futilité (par certains sujets) et de complexité (à travers les jeux des couleurs et des courbes).

Le travail de Dufy évoque les progrès spectaculaires de la technologie du début du XXème siècle, avec un rare optimisme qui contraste avec les inquiétudes que les avancées des sciences font naître chez nous, en 2009 !
Désormais, pour moi, Dufy c’est le peintre de la joie de vivre ! Celui dont l’’écrivain américain Gertrude Stein, en 1946, disait avec raison : « Raoul Dufy est plaisir » !



La seconde expo que j’ai visité, c’est celle du musée Maillol : l’Avant-garde Russe (cet art abstrait né en 1910 par Kandinsky) et là autant avouer ma complète ignorance : Kandisky ok mais le reste inconnu au bataillon ! Mon excuse : ensevelie sous le poids de la censure en Union soviétique, l'avant-garde russe des années 1920, longtemps connue des seuls spécialistes, n'a été redécouverte que tardivement en Occident.
Depuis l’exposition 'Paris-Moscou' organisée en 1989 (j’avais 5 ans ! ) au centre Pompidou, aucune vision d'ensemble de ce mouvement n'a été présentée à Paris.
C’est donc sans le moindre apriori que je suis allée admirer la prestigieuse collection Costakis qui compte 1.300 œuvres (quand on est fan, on est fan !).
Cette exposition m’a permis de découvrir une série d’artistes comme Rodtchenko, Lissitzky, Tatline, Popova, Kudriashev, Redko, Anders, Nikritin...un vrai bouillonnement artistique formidable, cruellement sous-estimé.
Il faut aimer l’art figuratif, le constructivisme ou l’abstrait (le tout se mélange avec l’art populaire du pays et l’esprit révolutionnaire qui plane dans la Russie d’alors), ce qui n’est pas particulièrement mon cas par conséquent la visite a parfois été difficile mais ça vaut le coup ! Car cela ne m’a pas empêché d’apprécier l’effervescence, l’originalité et la volonté de ces artistes inclassables.

Voilà ! J’espère vous avoir convaincu, si c’est le cas faite vite ces expo se terminent entre mi -janvier et mi- février. Perso, je vais poursuivre ma découverte de l’art moderne avec la collection Berardo exposée au musée du Luxembourg !