27 septembre 2009

Les femmes libres sont dangereuses

Parmi les (trop) nombreux livres de cette rentrée, il y a deux romans magnifiques autour de deux femmes libres, beaucoup trop en tout cas aux yeux de leurs contemporains !

Dans la faculté des rêves, la jeune romancière Sara Stridsberg fait revivre Valerie Solanas, une féministe radicale américaine qui détestait les hommes.
Elle est l’auteur du manifeste SCUM (Society for Cutting Up Men), délire d’une étonnante poésie qui prônait la suppression du genre masculin. Cette anti-Marylin a incarné à elle seule les pires cauchemars de l’Amérique puritaine des années 60-70. En 1968, elle tente d’d'assassiner par balles Andy Warhol qu'elle avait côtoyé à la Factory (un atelier d'artiste célèbre situé à New York, ouvert par Andy Warhol en 1964). Résultat : trois ans de prison (pour info, Warhol refusera de témoigner contre elle!).

Heureusement, Sara Stridsberg ne s’est pas contentée de nous pondre une bonne vielle bio/ hagiographie, bien au contraire !
Ce roman est selon son auteur , une « fantaisie littéraire » noire, tragique, étouffante et complètement déstructurée à l’image du psychisme de Valérie Solanas
L’auteur mêle fragments autobiographiques, bribes narratives, paroles et pensées, rêves, comptes-rendus d'interrogatoires ... sous la forme de souvenirs obsédants apparaissent des conversations avec des personnages clés : sa mère, ambiguë et destructrice, le directeur de l'université de psychologie à laquelle elle est admise, Andy Warhol lui-même et son désir obstiné de faire d'elle une matière pour son art, ou encore la psychiatre chargée de son cas après la tentative d'assassinat…
Tout cela permet de dresser le portrait d’une femme
fragile, radieuse, affolée, anxieuse,….résultat le manifeste, la tentative de meurtre restent plutôt anecdotiques et c’est aussi bien comme ça…
Je ne résiste pas à l’envie de vous citer les dernières phrases du livre : «Valerie Solanas ne s'altère pas. Valerie Solanas vous fait rêver de crasse et de roses. Valerie Solanas est un état, un jeu, une invasion, un miroir, un pays des merveilles. Son coeur demeure une blessure aux infatigables pulsations.».

« Quelle perte cela aurait été de ne pas l'avoir rencontré ou de ne pas avoir connu son amour ! pensa Mamah. »
Loving Franck de Nancy Horan, c’est l’histoire d’une passion entre un homme et une femme qui payèrent le prix fort.
Elle , c’est Martha (dite Mamah) Borthwick Cheney, intelligente, cultivée, étouffée par une vie de mère au foyer (elle avait recopiée dans son journal cette citation de Charlotte Perkins Gilman « être mère ne suffit pas : même une huître peut être mère »). Bref, une femme qui, selon sa propre sœur " avait tout. Un mari fantastique, deux beaux enfants en bonne santé. La liberté. Aucun souci financier. Une gouvernante et une bonne. Le genre d'existence dont rêvent la plupart des femmes, y compris les féministes !".
Lui, c’est Frank Lloyd Wright, architecte (le musée Guggenheim à New York, c’est son œuvre), marié et père de six enfants. Le couple cède à la passion et abandonne conjoints et enfants pour s’enfuir en Europe. C’est la début du scandale, la presse s'en donne à coeur joie et l'Amérique puritaine se repaît de ces articles outranciers.
La vérité n'est pourtant pas rose, les amants sont taraudés par la culpabilité.
Ils rentrent aux Etats-Unis en 1914. Franck peine à retravailler, mais sa situation pâtit moins que celle de Mamah, qui, en tant que femme, est le réceptacle béni de toutes les condamnations et haines projetées par la société bien pensante. Dans leur nouvelle maison du Wisconsin, ils tentent de se reconstruire une nouvelle vie, jusqu’à ce que le destin les rattrape.... impossible de vous en dire plus, il faut lire le roman!
c'est un livre puissant , plein de vie, mais aussi cruel, pesant, pessimiste et qui me semble malheuresemnt toujours d'actualité car il pose l'éternelle question: une femme a-t-elle le droit de vivre selon elle avant tout, ne vaut-il pas mieux que des enfants aient une mère heureuse qu’un pâle ersatz maternel confiné dans un mariage malheureux ?

21 septembre 2009

Quelque chose en moi de Carrie Bradshaw

Malheureusement ce n’est pas sa collection de Manolo Blahnik, ni ses amants « so sex », ni sa meilleure amie nymphomane, c’est son maquillage…….. !
Vendredi soir, rendez-vous au show case Smashsbox pour découvrir la marque de Los Angeles qui sublime les 4 new-yorkaises de Sex in the city.
J'ai passé 2h à me faire chouchouter et maquiller par des pros pressés de me convaincre (merci Sophie)! sans parler des cadeaux avec lesquels je suis repartie...
Et j’avoue je suis séduite (mais pour de bonnes raisons).Smashbox est une super marque de maquillage pro utilisée lors des shootings pour Vogue, Harper’s Bazar, Elle,…les produits sont pointus (faits pour tenir par 40°C et sous les spots) et le packaging est « so simple » donc « so chic ».

Résultat, je suis partie en boîte avec un maquillage corail très sympa (super effet bonne mine!) et qui était toujours là à 5h du mat’ (un véritable exploit).
Je suis donc accro à mon blush "Paradise" et au gloss "Flash" mais c'est peut-être aussi, je dois le reconnaître, parce que j’adore l’idée d’avoir un truc en commun avec cette chère Carrie !

Pour info, la collection Automne 2009 est inspirée par la dynastie des Tudor , famille royale anglaise du 16ème siècle, connue pour ses scandales, son goût de l' obscène et des divertissements en tout genre...
Smashbox ressuscite cette époque avec une collection de luxe, sexy et décadente!
Et hop, voilà comment on passe des filles sexy et indépendantes aux intrigantes prêtes à tout pour se laisser croquer par Johantan Rhys-Meyers….est-ce que tout ça est bien raisonnable !

16 septembre 2009

"Lost in Istanbul"

C’est la saison de la Turquie en France ! Et comme j’ai un (très gros) faible pour ce pays et pour Istanbul en particulier, j’ai couru à l’exposition « Lost in Istanbul » d'Ara Güler à la Maison Européenne de la Photographie (jusqu'au 11 octobre).

Ara Güler est une véritable célébrité dans son pays (on le surnomme « l’œil d’Istanbul » !).
Natif d’Istanbul en 1928, d’origine arménienne, il a été élevé dans un milieu d’artistes, il commence comme journaliste en 1950, à vingt ans, au journal Yeni Istanbul.
Il photographie Istanbul, la Turquie, l'Anatolie, les sites archéologiques, les ruines d'Aphrodisias, les villages... En 1958, lorsque Time ouvre un bureau en Turquie, Güler fut le premier correspondant au Proche-Orient du magazine. Dans les années 1960, il a publié pour les magazines les plus célèbres tels que Stern, Paris-Match ou The Sunday Times.

Il appartient à la génération de photographes turcs qui ont joué un rôle capital dans la reconnaissance de leur pays à l'étranger.
Sa vision d'Istanbul est celle d' une ville qui brille non des fastueux vestiges de l'Empire Ottoman, mais d'une autre lumière, celle des pavés luisants sous la pluie, des réverbères allumés à la tombée de la nuit, des ferries s'éloignant dans le brouillard le long du Bosphore.
Si l'œuvre d'Ara Güler s'inscrit dans la tradition humaniste, son réalisme poétique lui confère une force et une singularité particulières. Ses images ne sont pas seulement une documentation sur Istanbul. En effet, ses clichés de la ville mélancolique, ses portraits d'une présence surprenante font de lui un acteur incontournable de son pays (il a été nommé en 2000 « Photographe du siècle en Turquie » et a reçu en 2002 la légion d’honneur ainsi que le titre d’Officier des Arts et des Lettres par le gouvernement français.)
Cette exposition est magique et me donne envie de retourner flâner à Istanbul. Pour l'instant (faible budget oblige), je vais juste me contenter de relire " Istanbul. Souvenirs d'une ville" qui raconte les souvenirs d'enfance de l'auteur turc Orhan Pamuk.

14 septembre 2009

La mode à la nippone !


Tout fini toujours pas arriver….même Uniqlo !
La chaîne de magasins japonais qui a déjà investi les USA et l'Angleterre s’installe enfin au cœur de Paris.
Perso, j'ai découvert (et adoré) cette marque à Londres mais jusqu’à présent, il n'existait qu'un tout petit magasin à La Défense (bien trop petit pour que je fasse l'effort d'y aller). Mais le gros, grand et beau magasin (comme ceux d'Oxford Street et Regent Street) est enfin prêt, il est situé près de l’Opéra!

Née en 1984 à Hiroshama, Uniqlo fait partie des marques créatives à petits prix. Inspiré de sa passion pour les mangas et son goût pour le clacissisme européen, le fondateur, Tadashi Yanaï a dessiné des collections ouvertes à un public hétérogène.

Le style Uniqlo (contraction de « unique » et « clothing »), c'est pour résumé Zara et H&M réunis mais en mieux ! Casual, branché et universel, c’est le paradis des basics impeccables.
Perso, je suis accro:
-aux jeans réalisés dans les plus pures traditions de tissage japonais, jeans qui avant que la marque ne s'empare de la technique valaient extrêmement cher.
- aux tee-shirts de qualité exceptionnelle, American Apparel a du souci à se faire…
- aux pulls en cachemire à moins de 40 euros!
- au grand bac qui attend vos habits usagés, qui seront recyclés par Uniqlo afin d'en créer des neufs… ça me donne bonne conscience genre "je suis mode mais écolo!"....

Bref courez découvrir Uniqlo et vous pourrez constater que Tokyo elle devenue l'une des plaques tournantes de la mode.

11 septembre 2009

Des couleurs pleins les doigts….


Décidement la tendance « green » fait des ravages ! On peut être écolo et à la pointe du chic parisien : la preuve, Chanel a fait porter à ses mannequins (pour les défilés automne-hiver 2010) un vernis à ongles vert jade à la couleur jamais vue encore ! Jade, c'est la teinte de l'hiver, c'est Karl qui l'a dit! Seulement voilà cette fois je ne suis pas sûre d’être capable d’assumer (ou du moins pas jusque sur les mains !).

Pourtant chaque année, je me lance ! J’ai réussi à arborer le noir de Chanel, le bleu poison de Dior et le vernis gris "You don't know Jacques!" d’O.P.I…. Sachant que cet hiver, on porte du chocolat ou de prune sur les lèvres et du jaune moutarde sur les paupières, je crois que je vais rester sur des valeurs sûres : le rouge lotus de chez Chanel, le Can you Tapas this ? d’ O.P.I et le Nail Lacquer Illegal Purple de M.A.C...

Vernis jade (n°407), 25€, en exclusivité dans les boutiques Chanel Montaigne et Cambon.

3 septembre 2009

Voir le slip Obama et mourir...de rire!



Grande nouvelle, on peut se payer une grosse tranche de rigolade au musée ! Il suffit d’aller contempler la collection décalée du photographe britannique Martin Parr au Jeu de Paume.

Dans le monde de Parr (membre vedette de la prestigieuse agence Magnum), le second degré est roi !
On ne peut que rigoler devant les tongs Obama, la tête sévère de Margaret Thatcher figée sur un jeu de fléchettes, les clichés de mamies permanentées tirant leurs trolleys ou la photo d'un vacancier arborant un T-shirt 'Bali' au pied de la Sagrada Familia à Barcelone.
La collection de cartes postales de l'artiste justifie à elle seule le déplacement et remporte la palme du mauvais goût: produits alimentaires, autoroutes, plate-formes d'aéroport, souvenirs de bord de mer, intérieurs d'hôtels et de restaurants à la mode seventies,…
Même inspiration pour les objets: des salières Apollo 13 et des portes stylos fusée célèbrent l'ère des spoutniks, des couteaux, briquets du 11-Septembre, des montres Saddam Hussein, Mao ou Jésus côtoient des savonnettes Abba, du papier toilette Ben Laden, des chocolats Spice Girls ou des dés à coudre Thatcher».
I mpossible aussi de rater dès l’entrée de l’expo, la vitrine consacrée à l’Obamamania, avec des sandales garnies de têtes d’Obama, un slip Obama, des préservatifs Obama, des céréales Obama.
Parr est un collectionneur compulsif qui possède des milliers d’objets, de livres d’arts mais aussi beaucoup d’œuvres de photographes qui l’ont marqué : Robert Frank, Garry Winogrand, Henry Cartier-Bresson, William Eggleston,….

Mais dans le fond, tout ça est très sérieux : le travail de Parr a pour objectif de dénoncer notre hypocrisie à travers notre quotidien d’homme occidental : le tourisme, les habitudes alimentaires, les loisirs sont ses sujets preférés.
Cet objectif s’incarne à merveille dans la série de photos « Small World » : consacrée au tourisme de masse. Les temples grecs, le Sphinx de Guizeh, les places d’Italie, Las Vegas, sont vus à travers la consommation vulgaire de touristes en shorts et marcel.
Idem pour les séries « Luxe » avec des photos de Dubaï, Moscou, Miami, des champs de courses, des foires d’art et des fêtes de millionnaires pour illustrer un thème révélateur du monde et de ses codes sociaux basés sur l’ostentation et la dépense.

Pour Martin Parr, il n’y a pas de "grande" photographie. Tout peut être signifiant à qui sait regarder. A vous d’allez vérifier avant le 27 septembre.

1 septembre 2009

Se faire tailler une cuissarde !

"Jusques en haut des cuisses/Elle est bottée/Et c'est comme un calice/A sa beauté», chantait Serge Gainsbourg en 1968 dans Initiales B.B. Quarante ans plus tard, le pouvoir fantasmatique de la cuissarde n'a pas pris une ride, c’est même la grande tendance mode du moment.

Perso, ce retour fracassant me laisse perplexe, la cuissarde me fait plutôt penser à Pretty Woman s’apprêtant à faire le trottoir qu’à une parisienne prenant le métro pour aller au bureau.
Et puis est ce qu’on peut vraiment porter des cuissardes sans avoir l’air vulgaire ?
À en croire les magazines féminins, oui mais attention le message implique souvent d’être très grande et très fine. Bon, il paraît qu’on peut trouver des cuissardes féminines, jolies et qu’en plus, les cuissardes cachent les genoux, ce qui est avantageux pour les trois quart d’entre nous ! OK pourquoi pas,…
Mais pour que ça marche, il vaut mieux se la jouer relativement sage c'est-à-dire éviter le mini short en cuir moulant ! Alors, avec des cuissardes extrêmement hautes, on associe une tunique, laissée ample ou cintrée, un short bouffant ou une robe en soie aux couleurs flashy, au décolleté démesuré et à la taille ultra cintrée par une ceinture élastique ou vernie.
Alors, tentées ou définitivement rebutées ? Personnellement, j’ai déjà tranché....

Dancing Queens are British and have funny looks!

D’abord mea culpa mon blog a pris de très longues vacances……..allez promis je vais me rattraper !!

Pour reprendre, je vous propose un antidote musicale au blues de la rentrée : la vague de chanteuse anglaise pop-soul-électro au look improbable et à l’énergie sans limite….
Premier cas typique celui de VV Brown (alias Vanessa Brown), une Anglaise de 24 ans et ancienne choriste de Madonna dont j’adore autant la musique que le look rétro glamour ultra-pointue. Mais attention son joli minois n’enlève rien à son talent, la demoiselle revendique l’entière maternité de son premier album, Travelling Like The Light déclarant à ce propos: “J’ai écrit toutes les chansons et produit intégralement l’album en composant les morceaux chez moi avec Logic puis en les retravaillant en studio avec Pro Tools. C’est également moi qui joue du clavier ainsi que les lignes de basse”. Le résultat se présente sous la forme d’un doo-woop contemporain, qui sonne un peu comme si les Suprêmes s’étaient perdues dans une partie de Super Mario Bros. Perso « Leave » (la musique du spot TV de BNP Paribas), « Crying Blood » et « Game Over » sont les premiers titres de ma playlist matinale qui me permet de rester éveillée entre « place Monge » et « Opéra » (ligne 7 pour les parisiens…).

A partir de la ligne 3 (je travaille à Levallois Perret soit 45 min de métro qu’il faut bien occuper), je suis assez réveillée pour écouter LaRoux (Elly Jackson dans le civil) qui prend le relais avec l’album Quicksand… la nouvelle sensation électro-pop est rousse, a une mèche rebelle, un look anandrogyne entre Eurythmics et Bowie et un talent certain pour faire des tubes. Si je suis moins fan du look rave-kid branchée, j’adore le son 80’s qui lorgne vers Depeche Mod, Talk Talk, Tears For Fears ou Prince…Mais attention, il y a plus derrière cette musique qu’un son irrésistible, les chansons ne sont pas anodines et plutôt intimes…Selon la chanteuse, « In for the Kill raconte un voyage à Paris. J’étais venue dire à quelqu’un que je l’aimais. Bulletproof, ces moments où tu te dis que tu ne referas pas les mêmes erreurs ; Quicksand, ceux où tu touches le fond ».

Pour finir le trajet, j’écoute Little boots (alias Victoria Hesketh) , reine du disco chic et du look improbable ! C’est moins pointu que LaRoux ou VV Brown mais sympa à écouter pour entrer dans l’arène en souriant: « Stuck On Repat », « New in town » ou « Remedy» sont de bons titres avec ses sonorités années 90. Little Boots a commencé en diffusant des vidéos d'elle et de son clavier sur Youtube, et a crée un buzz avec ses reprises. Son blog et son Myspace ont fait le reste…Une dernière anecdote pour la route : Little boots est le surnom de l’ancien empereur romain Caligula qui se fit remarquer en distrayant le peuple pour le faire taire.
Voilà, pour info d’autres petites anglaises ne vont pas tarder à débarquer donc n’hésitez pas à aller écouter sur You Tube Pixie Lott pour commencer