3 septembre 2009

Voir le slip Obama et mourir...de rire!



Grande nouvelle, on peut se payer une grosse tranche de rigolade au musée ! Il suffit d’aller contempler la collection décalée du photographe britannique Martin Parr au Jeu de Paume.

Dans le monde de Parr (membre vedette de la prestigieuse agence Magnum), le second degré est roi !
On ne peut que rigoler devant les tongs Obama, la tête sévère de Margaret Thatcher figée sur un jeu de fléchettes, les clichés de mamies permanentées tirant leurs trolleys ou la photo d'un vacancier arborant un T-shirt 'Bali' au pied de la Sagrada Familia à Barcelone.
La collection de cartes postales de l'artiste justifie à elle seule le déplacement et remporte la palme du mauvais goût: produits alimentaires, autoroutes, plate-formes d'aéroport, souvenirs de bord de mer, intérieurs d'hôtels et de restaurants à la mode seventies,…
Même inspiration pour les objets: des salières Apollo 13 et des portes stylos fusée célèbrent l'ère des spoutniks, des couteaux, briquets du 11-Septembre, des montres Saddam Hussein, Mao ou Jésus côtoient des savonnettes Abba, du papier toilette Ben Laden, des chocolats Spice Girls ou des dés à coudre Thatcher».
I mpossible aussi de rater dès l’entrée de l’expo, la vitrine consacrée à l’Obamamania, avec des sandales garnies de têtes d’Obama, un slip Obama, des préservatifs Obama, des céréales Obama.
Parr est un collectionneur compulsif qui possède des milliers d’objets, de livres d’arts mais aussi beaucoup d’œuvres de photographes qui l’ont marqué : Robert Frank, Garry Winogrand, Henry Cartier-Bresson, William Eggleston,….

Mais dans le fond, tout ça est très sérieux : le travail de Parr a pour objectif de dénoncer notre hypocrisie à travers notre quotidien d’homme occidental : le tourisme, les habitudes alimentaires, les loisirs sont ses sujets preférés.
Cet objectif s’incarne à merveille dans la série de photos « Small World » : consacrée au tourisme de masse. Les temples grecs, le Sphinx de Guizeh, les places d’Italie, Las Vegas, sont vus à travers la consommation vulgaire de touristes en shorts et marcel.
Idem pour les séries « Luxe » avec des photos de Dubaï, Moscou, Miami, des champs de courses, des foires d’art et des fêtes de millionnaires pour illustrer un thème révélateur du monde et de ses codes sociaux basés sur l’ostentation et la dépense.

Pour Martin Parr, il n’y a pas de "grande" photographie. Tout peut être signifiant à qui sait regarder. A vous d’allez vérifier avant le 27 septembre.