24 décembre 2008

On y est, les fêtes de fin d’année approchent à grands pas et pour beaucoup de parisiens, c’est retour en province !
Comme de nombreux habitants de la capitale, je rejoins moi aussi ma région natale (la Picardie) et la maison familiale ! Ceci est donc mon dernier message de l’année puisque chez mes parents…. il n’y a pas Internet ! (non, je ne suis pas originaire du fin fond de la Creuse, c’est juste que mes parents ne trouvent pas utile d’avoir Internet !). A bien y réfléchir, ça ne me dérange pas plus que ça, en fait je suis impatiente de me retrouver au calme, avec un nombre restreint de personnes et loin de la capitale!
Si vous avez peur de vous ennuyer en province ou même à Paris (il faut bien reconnaître que les fêtes de famille, ce n’est pas toujours très folichon !) voici quelques propositions pour passer le temps :

- Option n°1 : s’isoler avec son ipod (en ce qui me concerne, ça consiste à me planquer dans le bureau au 1er étage avec une grosse couverture et à me lover dans le vieux fauteuil gris tout pourri en regardant le jardin par la fenêtre).
Je vous conseille: The last shadow puppets avec The Age Of The Understatement. C’est mon album favori de l’année que l’on doit à Alex Turner (Arctic Monkeys) et à Miles Kane (The Rascals). Cet album est aussi beau sur la forme (une pop ultra-pointue jouée par un orchestre à cordes et à cuivres qui donne au son un aspect rétro voir intemporel) que sur le fond (les textes se lisent comme des poèmes).Coupe de Coeur: My mistakes were made for you, I Don’t like You Anymore, Calm like you, the chamber, Only the truth.
Raphael Saadiq avecThe way I see it. Je n’ai cet album que depuis 1 mois mais je le connais déjà par cœur et je suis loin de me lasser de la voix sensuelle du monsieur (mixe de Ray Charles, Al Jarreau et Stevie Wonder). Son album est un bijoux au style impeccable aussi gracieux que lascif ! Coup de cœur pour: Sure hope you mean it, Big easy, Staying in love et Sometimes
Grace avec Hall of mirrors. Sa voix claire et chaude, ses textes et sa musique (qui mêle ballades soul, rythmes reggae et folk-blues) sont très agréables surtout en cette période de froid et de pluie. Coups de Cœur pour: Butterfly, Imagine one day et Bang Bang
MGMT, c’est le groupe dont vous avez obligatoirement entendu parler ! Leur premier album "Oracular Spectacular" multiplie les tubes avec sa musique qui ressemble à un grand bazar où se mélange le rock sixties psyché, la pop baroque, le disco et l’électro le tout dans une ambiance de fête estudiantine débridée.A écouter: Time to Pretend, Electric Feel, Of Moons, The Handshake
Et pour finir, les Fleet Foxes qui ont sorti sur le label Nirvana and Co leur pas du tout grunge mais néanmoins fabuleux premier album. Leurs mélodies aériennes, éthérées et colorées sont inclassables : Folk ? Country-rock ?, pop ?, gospel ? Un peu de tout ça en fait ! Ces gars là sont inclassables ! (ce qui explique peut-être le choix d’une toile du peintre Bruegel pour la pochette du disque).
Coup de Cœur pour: White Winter Hymnal, Tiger Mountain Peasant Song, Your Protector

- Option N°2 : se planquer un bon gros bouquin, idéal pour occuper les heures post-digestion !
Dans le genre gros pavé, je vous conseille Zone de Mathias Enard (je viens de le finir dans l’Eurostar !). Le pitch ? Par une nuit décisive un voyageur lourd de secrets prend le train pour Rome, revisite son passé et convoque l’Histoire, dans un immense travelling qui mêle bourreaux et victimes, héros et criminels des guerres de la Méditerranée
C’est un roman super ambitieux puisqu’il s’agit d’une seule et même phrase déroulée tout le long du livre. C’est très bien écrit, très documenté, très riche mais peut être un peu trop. Je dois avouer que j’ai un peu souffert en lisant ce livre à cause des lenteurs et des digressions qui donnent au livre un côté indigeste. A lire si vous garder un bon souvenir de l’Iliade d’Homère sinon c’est la sieste garantie !
Mon coup de cœur littéraire est pour Yasmina Khadra (un de mes auteurs contemporains favoris) avec Ce que le jour dois à la nuit. Ce roman raconte l’Algérie coloniale (entre 1936 et 1962) : Younes a neuf ans lorsque son père, trop pauvre pour assurer son éducation, le confie à son frère pharmacien aisé et marié à une française. Auprès d'eux, Younes devient Jonas et intègre une communauté de roumis (français vivant en Algérie, les futurs « pieds-noirs »). Yasmina Khadra réussit la prouesse de raconter une histoire d'amour doublée d'un contexte historique omniprésent. C’est fort, c’est beau…c’est à lire !
Sinon vous pouvez choisir de vous évader avec le dernier Booker Price (le prix littéraire le plus coté chez nos amis britanniques) : Le tigre blanc par Aravind Adiga.
Ce premier roman va fortement déplaire à l’Office Indien du Tourisme. Pas de saris, ni de safran ici, rien qui ressemble à un film Bollywood, juste l’Inde actuelle vue par un garçon pauvre décidé à libérer le tigre qui est en lui. Après avoir interrompu ses études pour travailler dans le tea-shop de son village, Balram HalmaI, fils d’un conducteur de rickshaw, est engagé comme chauffeur. Derrière le volant de sa Honda il découvre Delhi, ses 36 millions de dieux, ses cafards, ses centres d’appel, ses encombrements incessants. La plume d'Aravind Adiga est d'une acuité sans concession, il dénonce calmement, sans acrimonie, les inégalités, le mépris, la soumission. Voyage au cœur de l'hypocrisie, de la corruption, de la pourriture d'un système économique et politique, servi par une plume percutante et une ironie mordante, le roman démontre la logique implacable d'un parcours hors normes, celui d'un jeune homme devenu tueur, puis entrepreneur. J’ai lu ce roman d'une traite, de toute manière, il est quasiment impossible de le lâcher une fois commencé. !

- option n°3 : filer au cinéma pour aller voir le dernier film du Coréen Kim Jee-woon. Hommage au western de Sergio Leone, comme son titre l'indique, Le Bon, la Brute et le Cinglé, reprend la figure du trio cynique de chasseurs de primes engagés dans une sanglante course au trésor. On en prend plein les yeux, et plein les oreilles. L'auteur profite du chaos qui régnait sur la Mandchourie de l'époque pour construire une intrigue foisonnante d'où surgit une foultitude de personnages secondaires, depuis les soldats de l'armée japonaise jusqu'aux grappes de bandits coréens, mongols, russes et chinois. Le Bon, la Brute et le Cinglé est un western oriental aussi fougueux que divertissant, c’est mon dernier coup de cœur ciné, je me suis éclatée. Pour moi c’est le meilleur film de l’année 2008.Sinon, je vous conseille de voir Le chant des mariées de Karin Albou. Petit speech : Nour et Myriam sont amies depuis leur enfance et vivent à deux pas l'une de chez l'autre. Pourtant elles n'appartiennent pas à la même communauté : Nour est musulmane, Myriam est juive. Chacune rêve secrètement de la vie de l'autre. Le film se déroule en 1942 au moment où l’armée allemande entre dans Tunis et va fragiliser les relations intercommunautaires et affaiblir l’amitié des deux jeunes qui vont pourtant se retrouver dans la même situation : celle du mariage forcé. Nour, peu instruite, se fait manipuler et doit adopter la façon de penser de son fiancé, d’autant plus qu’elle n’est plus vierge. Myriam est mariée de force, pour sauver sa famille de la misère.
Cette période de l’occupation allemande en Afrique du Nord est un sujet peu connu (sauf pour les amateurs l’auteur Mohammed Dib), c’est déjà une bonne raison d’aller voir ce film. Mais la guerre n’est qu’au second plan, ce film traite surtout des us et coutumes traditionnels et raffinés liés aux unions arrangés. Les nombreuses scènes intimes sont d’une grande délicatesse, d’une poésie qui évite tout voyeurisme. Malgré un sujet difficile le cinéaste évite tout misérabilisme quand il s’agit d’évoquer la condition des femmes juives et musulmanes pendant la seconde guerre mondiale dans un pays colonisé : c’est bien plus un film sur l’amitié, la tolérance, le poids des religions et la solidarité féminine. Voilà pourquoi j’ai autant aimé ce film, j’apprécie ce mélange de délicatesse et de rigueur et la capacité de la réalisatrice à ne tomber ni dans le revendicatif ni dans la vulgarité. Ce film est un mélange parfaitement équilibré de grâce et brutalité, un film de funambule que je vous conseille vraiment.
Et pourquoi ne pas céder à la tentation de voir la saga de cette fin d’année : Australia de Baz Luhrmann ? Perso j’hésite encore, j’aime beaucoup le réalisateur mais j’hésite à me repasser plutôt Out of Africa. Si vous avez un avis sur ce film, n’hésitez pas ! j’ai besoin d’aide pour me décider.

Sinon, pour finir, bonnes fêtes à tous et à l’année prochaine !

22 décembre 2008

L’équivalent irakien de notre “Casse-toi, pauvre con”

Dessin de Barrigue
Le journaliste irakien qui a lancé ses chaussures sur Bush, le 14 décembre à Bagdad, a acquis une renommée mondiale et, qui sait, lancé un mouvement qui fera florès. Après l'entartage, l'engrollage ?

En tout cas cette attitude très "Sarkoziste", évite les problèmes de traduction. Bush ne parle pas arabe et il n'aurait certainement pas compris l'expression “Casse-toi, pauvre con” dans la langue maternelle de Muntadar al-Zeidi donc le jet de chaussures est une bonne option, pas besoin de traducteur!
La chance de Bush? c'est un homme qui a lancé ses chaussures, encore heureux car des talons dans la figure, c'est sacrément plus douloureux.

Allez, j'arrête de tirer sur l'ambulance...même si j'admire les réflexes de l'ancien joueur de baseball devenu président (c'est un parfait spitch pour une comédie type Américan pie, non?)

18 décembre 2008

Les jolies chaussettes

C’est ma madeleine de Proust version mode : les grandes chaussettes.
Ma mère me les faisait porter avec des jupes et des mocassins vernis alors que perso à cette époque je ne jurais que par le jogging et les baskets. Depuis, j’ai découvert la mode et les mille et une façons de jouer avec ses vêtements et comme les chaussettes reviennent à la mode cette année, je suis bien décidée à en profiter.
Voici ma paire version hiver 2008/2009, elle est signée Essentiel (ben quoi!, j’y peux rien s’ils font des jolies choses) et elle me permet de prouver que la chaussette, ce n’est pas forcément un tue-l’amour (si si je vous jure !). La chaussette peut être sexy (en plus de nous tenir chaud cet hiver, que demander de plus !).

Allez quelques explications pour les plus sceptiques. D’abord, souvenez-vous des mangas ! Au Japon, la chaussette c’est tout un art et ça a tendance à mettre les messieurs dans tous leurs états. Mais attention ! dans ce cas, la chaussette se porte sous les genoux.


Autre exemple, la pom pom girl (version usa) symbole sexuel ambulant et donc non négligeable.Perso, j’encourage plutôt le port de la chaussette au-dessus des genoux (je n’ai pas d’envie de régression !) qui se rapproche plus du look uniforme de campus (ça fait tout de suite moins pervers).

La chaussette au-dessus des genoux, c’est aussi l’option bas ultra –sexy, réservés aux grandes filles. Moi, je suis une grande fille du haut de mes 24 ans et en plus j’ai une passion pour la lingerie donc je porte naturellement la chaussette de cette façon !

16 décembre 2008

I cry with Antony

Attention, voici un article sur un objet musical non identifié mais totalement envoûtant : le nouvel album d’Antony and the Johnsons, Another World.
Depuis Hope There's Someone (2004), je suis fan d’Antony, un chanteur aérien, timbré, romantique en bref unique !
Je n’avais jamais écouté quelque chose de semblable avant Hope There's Someone et je suis restée sans voix pour deux raisons : la beauté des textes qui parlent d’amours massacrées, de tendresse, d’agonie, de délivrance et la voix d’Antony unique, puissante et chevrotante.


Dans ses chansons, Antony aurait voulu être au choix : un enfant, une très jolie femme, un oiseau. Mais dans la vraie vie, Antony est une icône gay et accessoirement un formidable chanteur qui ferait pleurer en récitant l’annuaire.
C’est impossible de rester insensible à sa musique tant l’émotion qui en découle peut vous submerger et vous rendre accro. Son nouvel Another World (qui dure 35 minutes) est du même calibre que le précédent ni triste ni déprimant mais d'une rare beauté avec ses extraordinaires ballades poignantes et larmoyantes ou le piano est l'instrument principal, accompagné parfois par de doux violons ou des trompettes maussades.

Perso écouter Antony and the Johnsons me plonge toujours dans un ravissement indescriptible qui contrebalance ma tendance névrotique au stress. Voilà pourquoi je vous conseille cet artiste, l'écouter c'est l'adopter!

10 décembre 2008

La musique gracieuse de Grace

Dans la série « nouvelle chanteuse qui ne ressemble à aucune autre », je tiens à dire quelques mots sur Grace, parce qu’elle est « vraiment différente », si vous allez voir, c’est possible !
D’abord il y a sa voix claire, chaude et sans fioritures « différente » justement de la voix soul et rocailleuse des Duffy, Adèle ou A.Winehouse etc.La voix de Grace est posée et la demoiselle ne passe pas son temps à multiplier les ondulations vocales
Ensuite, le personnage : c’est tout un roman. Américaine née au Canada (d’où l’accent un peu étrange), Grace est fille de musiciens bourlingueurs, a vécu dans une ferme de la Nouvelle Ecosse, sans eau ni électricité. Puis en Afrique avec sa mère. Depuis, Grace y est retournée souvent pour rencontrer les griots, comme elle est partie en Inde pour s’imprégner de yoga et musique soufi. Elle a aussi habité en Alsace, juste au pied des Vosges, en Californie et rue des Abbesses, à Paris. C’est pas mal pour l’inspiration !

Pour finir : la musique. Grace mixte (avec assurance et légèreté) les ballades soul et les rythmes reggae, le folk-blues et la world musique avec une aisance étonnante qui évite tout sensation de formatage et un classement direct dans la catégorie « chanteuse tendance ».Bien jouée ! Hall of mirrors est un album éclectique joliment métissé, aussi riche que doux et donc idéal pour la saison complexe qui s’annonce (froid + crise économique + fêtes de famille).
Coups de Coeur: Butterfly, Imagine one day, Bang Bang et New Day

Le cas de la doudoune !

Attention sujet mode hautement polémique : la doudoune est de retour ! A chacune sa réaction, perso j’en suis plutôt mortifiée. J’ai toujours considérée que la doudoune ne servait qu’à nous donner l’air d’un bibendum empâté (alors qu’on entend dire partout que la doudoune, c’est fashion!) et quant à la possibilité de la caser dans ma penderie (déjà en voie d’explosion), c’est mission impossible. Résultat, ma doudoune (oui, j’en ai une !) squatte le grenier de mes parents où je m’efforce de l’oublier chaque année.

Oui mais voilà, il suffit d’un week-end à Amiens par 2°c et une humidité à pleurer pour que je me jette sur ma grosse et longue doudoune en fourrure (signée Les Petites, achetée en 2002 et qui a donc un minimum de crédibilité fashion) et que je finisse par reconnaître (pour le bonheur de ma maman qui considère que je suis incapable de m’habiller correctement en hiver !) à quel point ma doudoune est tout de même super chouette et à quel point j’aime m’y blottir.


Il faut reconnaître que j’ai la chance de faire partie d’une génération où même les doudounes sont mode, rien à voir avec les eighties et les énormes blousons type Shott ou Chevignon qui avait l’avantage (ou le désavantage) d’éliminer le problème de la mixité : on a tous l’air d’un mec avec ça, chaussures à talons ou pas.

Ma génération a le choix entre la doudoune courte/longe, matte/brillante, fourrure/col bourrelet, ceinturée/sportswear,…..le must reste la doudoune Moncler mais là il faut d’abord avoir gagné au loto, je ne suis donc pas concernée

Le problème reste que porter la doudoune avec élégance, ce n’est pas possible ( à part pour Sarah Jessica Parker !), le faux pas mode n’est jamais loin du type : la doudoune avec des talons aiguilles ou des bottes de motards (même siglées Zadig et Voltaire !). Peut-on être sexy en doudoune ? si vous avez des photos qui prouvent que c’est possible, je serai ravie de les publier!

En ce qui me concerne, j’ai donc ramené ma doudoune d’Amiens (ce qui m’a valu de devoir me farcir un sac à dos en plus et de laisser le gâteau au chocolat sur la table de la cuisine par manque de place !) et je le regrette déjà car bon sang de bonsoir où je vais bien pouvoir la ranger ??????

Un peu de sérieux!

Voici une sélection de livres « sérieux » pour changer. Je sais, pour beaucoup de personnes, un roman c’est déjà un livre sérieux! mais pour la livrophage que je suis un livre sérieux c’est un livre qui traite de sujets complexes c'est à dire de politique, des sciences humaines ou d’économie (des sujets très très sérieux !) et là pour le coup je vous en propose 2 récents et indispensables (selon moi).

Le premier de ces livres très sérieux, c’est celui que j’ai terminé ce week-end : La Géopolitique de l'émotion de Dominique Moïsi (membre de l’institut français des relations internationales, titulaire d’une chair à l’université d’Harvard, éditorialiste au Financial Times et aux Echos,…………..ça c’est un CV qui en jette !).
Dominique Moïsi s intéresse aux émotions qu’il considère comme critère d'explication et plus encore de classement des grands pôles de référence dans le monde contemporain. Pour lui, on peut établir une « carte des émotions » du monde. En résumé:l'Asie est le continent de l'espoir ; l'islam, la communauté de l'humiliation ; l'Occident, le lieu de la peur.
En Asie, la seule exception semble être le Japon (de nouveau en pleine récession). En terre d'islam, le sentiment d'un déclin historique est aggravé par l'accumulation de frustrations, qu'elles soient provoquées par la présence d'Israël, les effets perturbateurs de la mondialisation, ou l'incertitude identitaire pour les musulmans d'Europe. En Occident : l'Europe a peur et les Etats-Unis s'interrogent sur l’avenir.
Et puis il y a les "inclassables": Israël, qui est passé de l'espoir à l'angoisse ; l'Afrique, tentée par le désespoir, et l'Amérique latine, qui oscille entre le populisme et le progrès. La Russie, qui combine les trois émotions.
J’ai trouvé cette approche très originale, elle rend crédible une vision plutôt inattendue de la politique internationale même si elle s’appui beaucoup (trop !) sur la subjectivité propre à la notion même d’émotion. Ce livre permet un constat réaliste de l’état du monde en cette fin 2008 mais je doute que cette perspective suffise à comprendre pourquoi on en arrive à un tel constat ni ce que cette géopolitique des émotions implique réellement pour l’avenir en terme de relations internationales. A vous de juger !

Emmanuel Todd est un politologue, démographe et sociologue français dont les livres sont toujours très attendus (après tout, ce type avait prévu le premier en 1976 la chute de l’empire soviétique !).
Son dernier livre Après la démocratie est tout aussi indispensable que les précédents.
Il tente d’y analyser les mécanismes et les phénomènes qui ont permis l’élection de Nicolas Sarkozy (comparé pour l’anecdote à un "un rat pressé d'embarquer sur un navire qui coule") : triomphe de l’individualisme, fin des repères religieux, explosion des structures politiques traditionnels (apparition du Modem, explosion du PC,….), chasse à l’immigration clandestine et hausse des stigmatisation raciales ou religieuses, remise en cause des principes d’égalité et de droits de l’homme et tentation protectionniste : ça fait beaucoup!.
Comme toujours ce livre est aussi rigoureux que clair et bien écrit. C’est un bon moyen de réfléchir à de nombreux phénomènes que nous ne relions par forcément les uns aux autres alors que rien n’est le fruit du hasard. Cependant je dois reconnaître que je suis un peu déçu sur le fond car l’antisarkozysme et l’antiaméricanisme souvent primaire d’Emmanuel Todd et ses jugements à l'emporte-pièce qui me font parfois sourire décrédibilise aussi en partie ce travail qui reste pourtant passionnant. De nouveau, a vous de jugez !

5 décembre 2008

Un acte d'amour

Haletant ! Envoûtant ! Dans la tradition des grands romans russes, James Meek, un écossais, a écrit un magnifique roman Un acte d'amour qui vient de sortir en poche.
Sibérie. 1919. Une terre abandonnée, une ville au bout du monde gérée par des soldats tchèques au bout du rouleau, habitée par une secte religieuse ainsi qu'une jeune veuve. Les destins se croisent et s'étofferont avec l'arrivée d'un prisonnier évadé du Jardin blanc, terrible bagne où survivent les prisonniers dans des conditions effroyables. Samarin, l'évadé, sera jugé par un tribunal militaire fort arbitraire et y fera le récit de son évasion en compagnie d'un cannibale.
Ce roman, sur lequel souffle un vent de folie, est d’une rare intensité. C’est probablement l’un des quelques livres que je vais relire 1, 10, 50 fois,…..parce qu’ils sont trop complexes pour qu’une seule lecture soit suffisante pour bien les comprendre.

Dans Un acte d’amour, les personnages sont tour à tour manipulateurs et manipulés, chacun dévoile à sa guise telle ou telle facette de sa personnalité et dissimule certains de ses actes aux autres. Ils ont tous un point commun : ils croient à l'amour, mais les définitions qu'ils en donnent divergent tragiquement
Un acte d'amour n'est pas simplement un hommage (réussi) au roman russe, mais aussi un roman d’amour, un récit d’aventure, un thriller, un essai philosophique, un livre sur la politique et les heures sombres de la Russie. Bref une autopsie des trois grandes maladies de la civilisation - la guerre, le terrorisme et le fanatisme.

Personnellement je suis une grande lectrice de romans russe « classiques » car les écrivains comme Dostoïevski, Tolstoï, Pouchkine, Tourgueniev,…savent mieux que quiconque parler d’amour, de passion et de folie,…..je suis fascinée par cette âme slave et cette capacité à tout vivre avec intensité(moi qui suis plutôt du genre timorée!), ça rend la vie tellement plus intense.

4 décembre 2008

Le retour des beaux-gosses

Akon, Kanye West, John Legend, Ne-Yo…..le troupeau des beaux-gosses du R’N’B made in USA est de retour et ils ont la classe (côté vestiaire du moins !). Ils ont tous adoptés « la James Bond attitude » sur la pochette de leurs nouveaux opus : costume impeccable pour Akon et Kanye West, veste en cuir pour le beau John Legend,…………..même Snoop Dogg a rangé ses t-shirts de basket difformes pour adopter le costume Italien.
Fini le temps des Bad Boy en joggings aujourd’hui les rappeurs portent des vestes de collégiens anglais, des cravates, des costumes blancs, ils collectionnent les chaussures, posent pour Vuitton et dessinent des chaises pour les designers hype du moment (petit clin d’œil au leader des Neptunes, Pharell Williams).
Le meilleur représentant de cette tendance (et qui a lancé la tendance !) c’est André 3000, chanteur du groupe Outkast. Son style original et ultra-étudié à base de motifs écossais, de rose, de fausse fourrure me laisse songeuse…..est-ce bien crédible pour un rappeur de donner l’impression de passer plus longtemps qu’une fille devant sa penderie chaque matin ????

Finalement, moi, ça me va ! Je ne suis pas adepte du style capuche et chaîne en or (j’ai quand même mes limites : le rose pour les hommes !), je peux juste constater que plus la garde robe des néo-rappeurs grandit plus leur ego aussi. Là, je me base sur l’interview de Kanye West, autoproclamé « plus grand artiste de l’univers » publié par le magazine Elle et qui dans le genre, se rapproche de celle donnée par Cristiano Ronaldo quelques jours avant l’annonce du nom du Ballon d’or 2008.

Bon, il faut reconnaître que l’essentiel c’est tout de même la musique : l’originalité de Kanye West est à son apogée avec l’album « 808’s& Heartbreak » dont il a assuré l'ensemble de la production. Le rappeur y a invité Lil Wayne, Young Jeezy et Kid Cudi. Ce nouvel opus se distingue tout d'abord par l'utilisation systématique de l'Auto-Tune sur la voix de Kanye West. Dans un esprit relativement pop, entre ballades (Say You Will, Welcome to Heartbreak, Amazing) et titres dancefloor (Heartless, Coldest Winter), Kanye West s'écarte ici du format hip hop standard ce disque sonne comme une création récréative pour le rappeur/producteur.

Mention bien pour John Legend qui a laissé de côté la soul pour se tourner vers des rythmes r’n’b/reggae voir parfois pop, c’est un bon album ! Mais pas de révolution même si le premier single "Green Light", le voyait se frotter à des rythmiques plus survoltées qu'à son habitude, les ballades legendiennes sont évidement au rendez-vous de ce nouvel opus. Dans ce registre, c'est d'ailleurs l'acoustique "Everybody Knows", qui s'avère la plus réussie.Et même si l'ensemble reste très solide et se laisse écouter sans effort, au final, c'est surtout les titres réalisés en collaboration qui paraissent les plus consistants. S'il est difficile de résister à "It's Over", en featuring avec Kanye West, perso j’ai craqué "No Other Love", un duo avec la chanteuse Estelle.

Le nouvel album d’Akon « Freedom » vient aussi de sortir, après le numéro 1 empoché grâce au hit « I Wanna Love You » d'il y a deux ans et le fameux remix de « Wanna Be Startin' Something » pour le 25ème anniversaire du Thriller de Michael Jackson, le rappeur sénégalo-américain Akon est de retour pour un album au long cours qui doit le consacrer comme une nouvelle valeur sûre du rap.Pour ce faire, Akon a sorti son carnet d'adresses et invité quelques prestigieux amis : Lil' Wayne, Wyclef Jean, T-Pain et Kardinal Offishall déploient tout leur savoir-faire dans la confection d'un album tout terrain qui verse autant dans un style dance avec le refrain accrocheur de « Right Now (Na Na Na) », que dans un genre plus soft (« We Don't Care » ou « Sunny Day »), voire langoureux avec la ballade qui tue.

La leçon de tout ça : tous les hommes ont le droit d’être aussi attentifs à leur garde robe que les filles, c’est la parité dans l’autre sens. Mais attention, la mode ça rend parfois les filles prétentieuses et méprisantes alors les mecs attention à votre ego Quand à la musique, pas mal mais attention à la perte de crédibilité, un rappeur en Armani, est-ce toujours un rappeur ? Le débat est ouvert !

1 décembre 2008

La fourrure, c'est l'autre écossais!


Cette année, nos couturiers préférés n'ont pas été capables de se décider entre l'écossais et la fourrure, les 2 ont squattés les podiums et ça tombe bien, moi non plus je ne me suis pas décidée. Vous savez ce que je pense de l'écossais pour la fourrure ça été moins compliqué!


Il y a plus de trois mois (alors que le temps était encore doux!) je me suis offerte une col de fourrure en peau de lapin signé Comptoir des cotonniers, j'ai bien fait de m'y prendre tôt car depuis la marque a été dévalisée.

Cette saison le choix, question fourrure, se fait entre le col et le gilet. J'ai choisi mon camp, la facilité avec la quelle j'attrape des angines y est sûrement pour quelque chose.

Me voici donc avec mon joli col et sans regrets (car les lapins sont tout sauf une espèce en voie de disparition, on déculpabilise comme on peux!) car la mode a ses raisons que la défense des animaux ignorent, et inversement!

Sur le sujet j'ai juste un conseil: une fourrure chinée - en dépit de n'être peut-être pas ultra tendance- sera toujours plus appréciable qu'un vague poil synthétique shoppé chez Jennifer ou Pimkie!
Un dernier petit rappel: par petites touches plutôt qu'en total look !

Coupe de froid sur le polar!


Pour coller avec l'ambiance froide et triste du moment (en tout cas si vous vivez dans l'hémisphère nord, voir au-dessus de la Loire) je vous propose de découvrir une série d'auteurs venus de là où il fait vraiment froid (entre -5° et -40° là où nous pétons un plan quand il fait moins de 10°, moi la première!). En plus de l'incontournable suédois Henning Mankell et du très à la mode Stieg Larsson (et sa trilogie Millenium), je vous conseille:

- Arnaldur Indridason. Les islandais ne sont pas seulement bon question musique (petite pause musicale: Lykke li, c'est l'artiste finlandaise à découvrir en ce moment avec son album venu d'ailleurs "Youth Novels". Perso je garde un bon souvenir de son concert de septembre dernier au Nouveau Casino. Elle était vêtue comme une prêtresse hippie en toge noire, fidèle l'univers du clip "I'm good, I'm gone" et à son ambiance froide, sombre voir un peu malsaine!) .

Je vous engage à découvrir Arnaldur Indridason dont j'ai dévoré tous les livres avec un plaisir non dissimulé! Je vous conseille surtout la cité des jarres (qui vient d'être adapté au cinéma, mais vous savez ce que je pense des adaptations!) et la voix.

Ces polars sont remarquables car très réalistes, avec une intrigue solide et des personnages fragiles, donc attachants. Pour l'auteur : « Le succès des polars nordiques tient peut-être aussi à la perte d'innocence. En pensant aux pays scandinaves, on imagine des beaux paysages, une nature préservée. Je crois que les lecteurs d'ailleurs sont presque soulagés de voir qu'il y a aussi des crimes dans ces pays-là... ». A méditer.

- L'autre auteur dont j'ai envie de vous parler c'est Jo Nesbo, un auteur norvégien aussi doué que dépaysant. Son personnage principal Harry Hole est un enquêteur de la criminelle. Atypique, il travaille difficilement en équipe, à un goût excessif pour la boisson et le don de ce retrouver aux 4 coins du monde à bosser sur des affaires particulièrement tordues. J'ai une préférence pour : L'homme chauve-souris qui se déroule en Australie et pour Les cafards qui a pour décor la Thaïlande mais aussi pour "Rue sans-souci". Passionnant.
Pour compléter cette sélection que vous propose également trois polars publiés par une super maison d'édition, méconnue et c'est dommage : Sonatine.
D'abord, un polar féminin signé Sara Gran et intitulé "Dope".

Ce livre est agréable à lire, vivant, drôle avec un côté un peu désué (l'action se déroule dans les années 40-50), des personnages aussi louches qu'attachant et une héroïne, Joséphine unique dans le petit monde des héroïnes de polar (ben oui, là aussi y a du sexisme!). Quand à la couverture c'est un régal d'impertinence (tout comme le titre!).
Dans le même genre , lisez Juliette Michaud et son "Junket".

- "Seul le silence" de RJ Ellroy est un polar nerveux, sec, épuisant, poétique, complexe mais impeccable sur l'énigme du Mal, la culpabilité et la rédemption. Je l'ai lu en une nuit, il y avait longtemps qu'un polar ne m'avais pas obligé à me passer de sommeil pendant 24H.

- Enfin, le meilleur pour la fin: le polar de Steve Mosby "Un sur deux", mon coup de coeur.
Le sujet en lui même est aussi terrifiant, original que crédible: Un tueur s’en prend aux couples et ne laisse qu’un des deux amants en vie, à eux de décider lequel. Ce livre est un piège sans fin aux multiples rebondissements, où les apparences sont toujours trompeuses. Le film Saw à côté c'est le monde des bisounours version gore, ce polar est plus subtile et le tueur est le roi de la manipulation machiavélique. Un polar déjà culte!