
En ce moment, je passe ma vie dans les trains et comme je ne peux pas bosser non-stop, je bouquine un max. Et pour moi, dans le train, on lit des polars et rien d’autre! En prévision de mes nombreux déplacements, j’ai donc étoffé mon rayon livre noir et je suis tombée sur deux supers bouquins qui m’ont fait oublier mes heures de transports entre métro et trains. D’abord le très original et glacial « L’ombre de la chute » de Mark Henshaw et John Clanchy : 4 mains (australiennes) pour 4 fois plus de plaisir (à condition d’aimer frissonner) !Un petit résumé : Rachel, 4 ans, est la quatrième fillette à être enlevée par un kidnappeur qui opère toujours selon le même rituel. Il mutile ses victimes et envoie les morceaux de l'enfant aux parents en proposant le marché suivant : l'enfant sera relaché si la mère se suicide. Rien que l’idée de départ est inédite et particulièrement cruel, mais ce qui fait la qualité de ce livre, c’est son héros le très mystérieux, dense et torturé Salomon Glass (ainsi que ses deux partenaires Daniel Malone et Nora Bloom), qui va comprend peu à peu que le kidnappeur en a aussi un peu après lui ! Pour le reste silence, mais attention âmes sensibles s'abstenir, la question posée ici est des plus vicieuse : une mère peut-elle donner sa vie pour sauver celle de son enfant ?
Mon second moment de plaisir (de lecture !), je le dois à Michael Chabon avec «Le Club des p
oliciers yiddish », excellent écrivain américain à l’univers fantasmagorique jouissif, qui pour son premier polar n’a rien perdu de son goût pour le mélange des styles et des univers, le tout accompagné d’une bonne dose d’humour et d’ironie. Le district de Sitka, en Alaska, est le nouvel Israël. Y vivent deux millions de Juifs parlant le yiddish, le tout dans un univers froid, sombre, désolé et lointain. L’inspecteur Meyer Landsman, de la brigade des homicides, est chargé de faire régner la paix dans cette communauté désobéissante et encline aux mystères. Ainsi, dans un hôtel minable, Landsman découvre un junkie assassiné qui s’avère être le fils du plus puissant rabbin de Sitka, le chef des verbovers, des Juifs ultra-orthodoxes. Des ordres venant de l’étranger exigent la clôture de l’enquête mais Landsman s’obstine : ce mort lui plaît et il refuse de laisser son assassinat impuni… Le rabbin aurait-il commandité le meurtre de son fils ? Dans quel but ? Et quels liens entretient la communauté verbover avec d’étranges commandos parlant hébreu ?Intéressant non ? Dans ce livre Michael Chabon mélange l’histoire des émigrés juifs d’Europe de l’Est, la tradition du roman noir, une réelle critique politique de l’après - 11 Septembre et une réflexion morale sur les extrémismes religieux. On dirait du Chandler mélangé à du d’Isaac Bashevis Singer ! En tout cas, « Le Club des policiers yiddish », va être adapté au cinéma par les frères Coen. Pas mal, j’ai hâte de voir, de toute façon, je suis toujours fan des films des frères Coen.Bon voilà pour l’instant mais comme je suis encore en déplacement pendant trois semaines, je vais bientôt vous présenter des livres bien noirs !!!!!!