En attendant, le meilleur remède que j’ai trouvé s’appelle Jim Harrison, un écrivain américain à la réputation de baroudeur rabelaisien, dont les livres s’attachent aux rapports étroits qu’entretient l’homme avec la nature. Difficile de croire qu’un ermite du l'ermite du Michigan au physique d’ours mal léché puisse écrire de façon aussi délicate et charnelle avec verve et ironie sur les hommes, l’amour, les eaux des rivières, le vent et les animaux et pourtant Jim Harrison c’est l’écrivain de l’Amérique éternelle, celle de la prairie et des forêts. C’est sans doute pour ça que Jim Harrison est l’un de mes auteurs favoris dont je peux relire encore et encore les livres avec la même émotion !
Son dernier roman Retour en terre vient d’être publié en poche chez 10/18 et raconte l’histoire
de Donald, un homme simple, condamné par la maladie qui raconte pour ses proches son histoire et celle de sa famille liée pour toujours à la terre des Grands lacs. Ce livre c’est du pur Jim Harrison, on y réfléchit sur la mort et la vie ou plutôt sur l'amour de la vie : ça tangue, ça cogne, ça fait mal, il n'est pas simple d'exister et de vieillir dans ce foutu monde. Mais, bon, on fait aller. Avec de la dignité, de l'énergie, du plaisir à prendre dans les gestes ordinaires, on est capable de s'en tirer avec les honneurs. Et même, parfois, de toucher à quelque chose qui pourrait être une forme d'enchantement ! Une vrai leçon de vie!Si les romans les plus reconnus de Jim Harrison sont Dalva et La Route du retour, mon coup de
cœur va surtout à ce magnifique roman qu’est De Marquette à Veracruz.Il raconte l’histoire de David Burkett, un fils de la honte dont les ancêtres - trois générations d'industriels - ont saccagé les forêts du Michigan pour faire du fric. Il doit vivre aux côtés de son père qui est un monstre, un pervers alcoolique qu'il va affronter au fil d'un récit. On découvre ainsi ses tourments d'adolescent, sa fuite de la maison familiale de Marquette, près du lac Supérieur, ses vagabondages à travers le pays, en quête de rédemption, son exil dans un chalet de la péninsule Nord, où il jouera les Robinson afin d'oublier qu'il est un naufragé du bonheur et ses liaisons brûlantes, souvent torrides, avec des femmes qui s'envoleront trop vite. Ce livre c’est un roman d’amour, une fable écologique et social, un livre sur la cupidité un portrait peu flatteur de l’Amérique qui pose des question importantes pour chacun d'entre nous:
"Comment réussissons-nous à vivre avec ce que nous savons ? Comment vivons-nous avec ce que nous ignorons ?"
Un conseil, laissez-vous séduire!
A lire aussi : Dalva, La route du retour, Légendes d’automne, Un bon jour pour mourir et En marge
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