D’abord, un polar Zoulou de C Ferey! Zéro folklore à l’horizon c’est un livre violent, âpre voir effr
ayant (âme sensible s’abstenir) mais excellent qui se déroule dans une Afrique du Sud ravagée par le Sida, la misère et la violence et qui n’a pas encore soigné ses plaies des années noires de l’apartheid.
Le personnage principal, Ali Neuman, zoulou, chef de la police criminelle a gagné le droit à l’existence après les pires moments d’une ségrégation. Il a perdu son père dans la torture et gagné des cicatrices profondes malgré un changement symbolique de nom significatif (Neuman = nouvel homme). Ce personnage principal est taillé comme je les aime dans un granit extérieur plein de fêlures, fragilisé par les remous du passé et des excès. Le dilemme : on peut continuer à vivre mais on ne peut pas oublier et il est très difficile de faire son chemin avec la mémoire, la douleur et surtout la colère ! Cette situation est courante en Afrique où souvent les ennemis d’hier deviennent les voisins de demain! (je pense au Rwanda, par exemple)Ce livre est un portrait assez déroutant de l’Afrique du Sud dont on a tendance à saluer le dynamisme en oubliant que derrière l’économie florissante ce cache un pays dont les habitants donnent plus l’impression de survivre que de s’épanouir !
ayant (âme sensible s’abstenir) mais excellent qui se déroule dans une Afrique du Sud ravagée par le Sida, la misère et la violence et qui n’a pas encore soigné ses plaies des années noires de l’apartheid.Le personnage principal, Ali Neuman, zoulou, chef de la police criminelle a gagné le droit à l’existence après les pires moments d’une ségrégation. Il a perdu son père dans la torture et gagné des cicatrices profondes malgré un changement symbolique de nom significatif (Neuman = nouvel homme). Ce personnage principal est taillé comme je les aime dans un granit extérieur plein de fêlures, fragilisé par les remous du passé et des excès. Le dilemme : on peut continuer à vivre mais on ne peut pas oublier et il est très difficile de faire son chemin avec la mémoire, la douleur et surtout la colère ! Cette situation est courante en Afrique où souvent les ennemis d’hier deviennent les voisins de demain! (je pense au Rwanda, par exemple)Ce livre est un portrait assez déroutant de l’Afrique du Sud dont on a tendance à saluer le dynamisme en oubliant que derrière l’économie florissante ce cache un pays dont les habitants donnent plus l’impression de survivre que de s’épanouir !
L'autre moitié du soleil de Chimamanda Ngozi Adichie est l’un des plus beaux romans que j’ai lu récemment. Il se passe à Lagos au Nigéria, une ville tentaculaire, violente et d’une extrême pauvreté et évoque l’histoire de la guerre civile du Biafra qui déchira le pays à la fin des années 60.C’est vraiment bien écrit tout comme L'Hibiscus pourpre, le premier romand de l’auteur qui m’avait laissé un agréable souvenir.
Ce livre est le récit de plusieurs destins croisés : Olanna et Kainene, deux soeurs jumelles, enfants choyées de la bourgeoisie éclairée de Lagos ; Odenigbo, universitaire généreux, amoureux d'Olanna, intellectuel engagé convaincu que le vaste mouvement d'indépendance que connaît l'Afrique doit déboucher sur un bel avenir. A leurs côtés, Richard, journaliste britannique, en outre amant de Kainene, et Ugwu, un adolescent qui a quitté son village, sa famille, pour entrer au service d'Odenigbo. Le livre raconte comment la guerre pulvérisera la vie de chacun telle qu'elle se dessinait, pleine d'espoir, au début de la décennie.
Si ce roman est plutôt classique dans le style, il n’en est pas moins très fort et très beau. On se laisse facilement emporté par les personnages broyés par le destin. L'auteur ne se contente pas d'apporter un témoignage sur un conflit oublié ; elle nous montre comment l'Histoire bouleverse les vies.
Pour finir un livre plus léger mais l’est-il vraiment?. C’est Black Bazar d'Alain Mabanckou, l’auteur de Verre cassé et Mémoires de porc-épic.« Ça tombe bien, Fessologue, tu es là, je t’attendais ! Paul du grand Congo m’a appris que tu écris des trucs et que ça s’appelle Black Bazar ! C’est quoi cette arnaque que tu nous prépares ? Pourquoi écris-tu ? Tu crois que c’est tout le monde qui peut écrire des histoires, hein ? Est-ce que c’est pas par hasard une nouvelle astuce que tu as dénichée pour te mettre au chômage, passer entre les mailles des filets du système, piquer les allocations, creuser au passage le trou de la sécu et mettre en panne l’ascenseur social de la Gaule ? »
Voilà un extrait qui vous donne le ton de cette histoire, celle d’un dandy africain mais parisien dont la femme s’est enfuie avec leur fille et un type qui joue du tam-tam dans un groupe que personne ne connaît en France. Entre son voisin, qui l’épie et l’accuse de tous les maux de la terre, et la silhouette de son ex qui traîne dans les moindre recoins de l’appartement, sa vie est devenue un calvaire et sa machine à écrire reste sa seule source de réconfort. Si ses amis du Jip’s, Paul du grand Congo, Yves l’Ivoirien, Bosco Le Poète de l’Ambassade, l’agent de sécurité Lazio et Willy, « le propriétaire de tous les dossiers » de ce bar du premier arrondissement, sont persuadés qu’il s’est jeté dans l’écriture pour noyer son chagrin, il entreprend jour après jour de consigner son journal, celui d’un homme révolté qui croque les grandeurs et les misères de l’âme humaine, passant « du coq à l’âne et de l’âne au coq » : « c’est ça aussi vivre ».
J’ai adoré les livres précédents de cet auteur qui sait évoquer comme personne la communauté africaine qui vit en France. C’est drôle, tendre mais sans complaisance. L’écriture est colorée, les personnages attachants et encore une fois les clichés volent en éclats.
Je termine par un dernier conseil avec Equatoria de Patrick Deville. Dans ce livre q
ui se déroule dans une Afrique qui ne cesse de changer de nom et de frontières, le narrateur cherche des plans et des cartes de géographie. C'est sa manière de fixer le temps, les stigmates des guerres et des révolutions. Patrick Deville constate ainsi l'effondrement de certaines dictatures, le chaos et les massacres de minorités. L'écriture de Patrick Deville est sensuelle, poétique, teintée d'humour, est celle d'un érudit qui ne la ramène pas, d'un archiviste de l'éphémère porté par l'envie de se perdre dans de nouveaux territoires : ceux qui ne figurent pas sur ses nombreuses cartes du monde. C'est passionnant
ui se déroule dans une Afrique qui ne cesse de changer de nom et de frontières, le narrateur cherche des plans et des cartes de géographie. C'est sa manière de fixer le temps, les stigmates des guerres et des révolutions. Patrick Deville constate ainsi l'effondrement de certaines dictatures, le chaos et les massacres de minorités. L'écriture de Patrick Deville est sensuelle, poétique, teintée d'humour, est celle d'un érudit qui ne la ramène pas, d'un archiviste de l'éphémère porté par l'envie de se perdre dans de nouveaux territoires : ceux qui ne figurent pas sur ses nombreuses cartes du monde. C'est passionnant
C’est probablement la plus improbable des métamorphoses ! Après avoir incarné sept années durant le personnage d’une jeune et jolie pimbêche, dans le 






